Par DIGIY Revue | 10 février 2026
Alors que les courses se multiplient à Dakar, une réalité économique frappe les chauffeurs : 25% de commission, c’est 200 000 FCFA perdus chaque mois. Et si ce n’était pas une fatalité ?
Le calcul qui fait mal
Mamadou, chauffeur Uber depuis 3 ans à Dakar, nous montre ses chiffres de janvier 2026 :
- Courses réalisées : 800 000 FCFA
- Commission Uber (25%) : 200 000 FCFA
- Revenus nets : 600 000 FCFA
« 200 000 FCFA, c’est le loyer de ma famille », nous confie-t-il. « Je travaille 60 heures par semaine, et un quart de mon argent part dans une application. »
Ce n’est pas un cas isolé. Sur les 15 000 chauffeurs VTC actifs à Dakar, tous perdent un quart de leurs revenus.
Les promesses vs la réalité
Quand Uber est arrivé au Sénégal en 2017, les promesses étaient séduisantes :
- Flexibilité totale
- Plus de clients
- Revenus augmentés
Sept ans plus tard, la réalité est différente :
- Flexibilité = disponibilité 24/7 pour des tarifs imposés
- Plus de clients = plus de concurrence, tarifs en baisse
- Revenus augmentés = avant commission de 25%
« Au début je faisais 900 000 FCFA net par mois », raconte Ibrahima, 42 ans. « Aujourd’hui, avec les mêmes heures, je fais 600 000 FCFA. Les tarifs ont baissé, la commission est restée. »
Le vrai coût de la « simplicité »
Les plateformes vendent la simplicité. Mais à quel prix ?
Pour 1 000 000 FCFA de courses par mois :
- Uber prend : 250 000 FCFA
- Sur 1 an : 3 000 000 FCFA perdus
- Sur 3 ans : 9 000 000 FCFA envolés
Neuf millions de FCFA. C’est une voiture. C’est une maison. C’est l’avenir de vos enfants.
Les alternatives existent
Mais alors, comment faire autrement ?
Solution 1 : Le réseau direct Certains chauffeurs créent leur propre base clients via WhatsApp. Efficace, mais limité en portée.
Solution 2 : Les coopératives Des chauffeurs s’organisent en collectifs. Bon concept, mais difficile à faire grandir rapidement.
Solution 3 : Les plateformes 0% commission Nouveau modèle : abonnement mensuel fixe, pas de prélèvement sur les courses.
Le calcul est simple :
- Plateforme classique : 25% = 250 000 FCFA/mois sur 1M de courses
- Plateforme 0% avec abonnement 10 000 FCFA : 240 000 FCFA économisés chaque mois
L’avenir sera sans commission
« Je ne retournerai jamais sur une plateforme à commission », affirme Abdoulaye, qui a fait le changement il y a 6 mois. « Même résultat : des clients, des courses, mon téléphone. Sauf que maintenant, je garde mon argent. »
Le mouvement prend de l’ampleur. À Dakar, Thiès, Saint-Louis, des chauffeurs reprennent le contrôle.
Pourquoi ça marche ?
- Les clients ne se soucient pas de la plateforme, ils veulent un bon chauffeur
- La technologie n’est plus un monopole
- Le vrai capital, c’est le chauffeur, pas l’application
La révolte silencieuse
Dans les garages de Dakar, une conversation revient sans cesse : « Tu as vu combien Uber a pris ce mois-ci ? »
Les chauffeurs commencent à calculer. Et quand tu calcules, tu te réveilles.
Les chiffres parlent :
- 60 heures de travail par semaine
- 4 ans de métier en moyenne
- 25% qui partent chaque mois
- Sur 4 ans : 12 000 000 FCFA donnés à une app
Douze millions. De quoi acheter une deuxième voiture. De quoi éduquer trois enfants. De quoi construire une maison au village.
Conclusion : Votre argent vous appartient
200 000 FCFA par mois. 2 400 000 FCFA par an.
Ce n’est pas « le prix du service ». C’est votre argent. Le fruit de votre travail. Vos 60 heures par semaine. Votre essence. Votre usure. Vos risques.
La question n’est pas : « Pourquoi changer ? »
La question est : « Pourquoi continuer à donner un quart de votre vie ? »
Pierre par pierre, les chauffeurs africains construisent une alternative.
Sans intermédiaire qui prend 25%. Sans algorithme qui dicte les prix. Sans géant tech qui s’enrichit sur votre dos.
Juste vous. Votre voiture. Vos clients. Votre argent.